S’aimer et s’accepter à notre époque : le poids de la culpabilité

Hello mes amis. J’espère que vous allez bien et que vous passez un bel automne. Cette idée d’article m’est venue en visionnant une vidéo d’Enjoyphoenix. J’avais envie de vous parler d’un sujet qui me touche et m’attriste autant qu’il me révolte.

Récemment, Marie, alias Enjoyphoenix, Youtubeuse très connue et très appréciée, a posté une vidéo particulièrement bouleversante dans laquelle elle raconte à quel point Internet, les réseaux sociaux et la méchanceté des gens ont pu l’atteindre. A un point tel que son image est devenue une réelle obsession pour elle. A force de critiques, de haine, de méchanceté gratuite et de mots plus violents les uns que les autres, la belle jeune femme qu’elle est s’est sentie mal dans sa peau et a commencé, comme beaucoup de gens dans leur vie, « un petit régime » qui s’est rapidement transformé en énorme cauchemar.

Vous le savez, je tiens ici un blog sur le soin des cheveux au naturel donc j’essaie, autant que possible, de rester dans ma thématique et ne pas trop dériver sur des choses qui n’ont pas de rapport avec ce qui vous intéresse ici. 🙂 Mais parfois, les deux se rejoignent alors… Je « profite » justement de cette vidéo d’EnjoyPhoenix et de son cri d’alarme pour rattacher ce sujet à celui des cheveux, mais pas que…

Quand la limite se rapproche dangereusement

Comme de nombreuses personnes (une grande majorité de filles), je suis complexée par certains aspects de mon physique. On me qualifie de « mince », mais dans notre société, on court toujours après plus de minceur, de corps svelte, « fit », tonique. Nous n’avons malheureusement pas tous la chance soit d’avoir un goût très prononcé pour le sport (c’est beaucoup plus simple d’y aller quand on adore ça) soit le planning adapté pour en faire. Résultat, le mode de vie que l’on a peut nous contraindre à laisser de côté le sport, voire l’abandonner parfois. Il en va de même pour la nourriture : avec un planning chargé, on a forcément moins le temps de manger sainement. Et très souvent, qui dit fatigue et surmenage dit souvent envie de sucré, de gras… Forcément, cela peut se répercuter sur le corps.

J’ai pour ma part un planning bien chargé avec ma profession de journaliste… Ce n’est pas toujours facile pour moi car je n’ai pas de planning fixe, il change tout le temps, je n’ai jamais une semaine identique à la précédente, les changements sont permanents. Et comme beaucoup de personnes, je culpabilise, je scrute des comptes de « fitgirls » et me sermonne en me disant que je suis nulle car je ne fais pas d’efforts, je ne vais pas assez au sport, je ne mange pas assez « bien »… J’ai déjà développé des TCA (troubles du comportement alimentaire) qui heureusement, n’ont jamais dépassé les limites au point de me faire tomber dans la maladie… J’ai eu la « chance » de ne pas entrer dans cet engrenage infernal même si j’ai souvent joué avec le feu… J’ignore pourquoi j’ai eu cette chance et pourquoi d’autres ne l’ont pas eue. Mais quand la maladie vous tombe dessus, vous n’y êtes pour rien, vous subissez (chose que beaucoup de gens ont du mal à comprendre, en culpabilisant encore plus les personnes qui souffrent de cette maladie).

Tout ça pour vous dire que la limite peut très rapidement être franchie entre le sport à outrance et la surveillance extrême de son alimentation. On peut très vite tomber dans des extrêmes qui nous dépassent, à trop vouloir ressembler à telle fille ou avoir tel corps. Je n’ai jamais été aussi fine que lorsque tout un hiver, je n’ai mangé que de la salade tous les soirs…

Oui forcément, j’ai maigri, oui forcément, je rentrais plus facilement dans mes vêtements et oui forcément, la plupart des gens me disaient tous avec un grand sourire « oh tu as maigri, que tu es belle ! ». Comme si le fait de maigrir nous rendait forcément « beau »… (triste vision de la beauté et surtout risque extrême d’entrer dans un engrenage dangereux voire mortel pour certains). Mais était-ce un comportement alimentaire normal ? Était-il guidé par une réelle envie de ne manger que de la salade ou plutôt… une envie de maigrir pour coller davantage aux standards de la « beauté » de notre époque ?…

Une société pleine de contradictions

Je vois de plus en plus de vidéos qui dénoncent ce culte de la minceur sur Youtube, de plus en plus d’articles qui nous mettent en garde et nous invitent à nous aimer tels que nous sommes. Mais notre société est pleine de contradictions, nous avons envie de nous aimer et nous accepter, mais la publicité et les réseaux sociaux nous disent tout l’inverse en nous inondant de conseils pour être toujours plus minces, toujours plus musclés et « fit »…

Résultat, quand on voit une personne mince, on en déduit qu’elle est « belle ». La publicité est censée afficher une sorte de perfection. Si on vous montre un corps mince et que l’on vous dit : être belle/beau, c’est ça, on en déduit forcément que l’on doit ressembler à cela. C’est vicieux et dangereux. Rares sont les gens qui se sentent bien dans leur peau tels qu’ils sont, qui n’ont aucun complexe, qui se foutent de leur poids… Aujourd’hui, le monde entier semble crier : « Je ne m’aime pas, je suis trop gros(se), je suis moche, je ne suis pas dans les standards de la beauté donc je ne suis pas agréable à regarder ». Marie l’explique bien dans sa vidéo : c’est à force de subir toutes ces critiques sur son poids et à force de regarder des filles au corps « parfait » qu’elle est tombée dans un cercle vicieux qui l’a détruite.

Ces pensées obsédantes et extrêmement négatives nous conduisent à faire de petites ou grosses bêtises, qui peuvent nous amener à être réellement malade. Marie est allée jusqu’à faire 2h de sport par jour, recracher les pâtisseries qu’elle venait de cuisiner, pleurer pour avoir mangé un plat de pâtes, tomber dans les pommes à chaque coin de rue car elle était sous-alimentée, se regarder sans cesse dans des miroirs en se voyant énorme alors qu’elle avait perdu 15 kilos, puis plus tard, se mettre à remanger des quantités astronomiques qu’elle vomissait par la suite lors de crises… L’anorexie et la boulimie ne sont jamais bien loin, on croit toujours que cela n’arrive qu’aux autres, mais elles peuvent entrer dans notre vie par une petite porte, sans même que nous nous en apercevions.

S’aimer autant que possible…

A travers cet article un peu décousu -je m’en excuse par avance-, j’aimerais simplement vous faire réaliser une chose, un peu morbide certes mais qui vous fera peut-être réfléchir en profondeur sur cette question : nous ne sommes que de passage sur cette Terre, notre « enveloppe corporelle » n’est pas ce qui nous définit. Nous ne sommes pas qu’un corps, nous sommes un tout. La vie vaut-elle de perdre son temps dans cette quête d’une perfection qui n’existe pas ? A notre époque, le 36 semble être la norme, ou du moins la minceur est glorifiée. Mais dans d’autres pays, dans d’autres cultures ou à d’autres époques, les formes (et même la cellulite !) étaient un signe de féminité absolue. Rien n’est figé, et ces « corps parfaits » ne signifient rien puisqu’ils sont décidés par l’époque et le pays dans lesquels on vit. Tout cela, au final, n’a aucun sens

Marie le dit dans sa vidéo : avant d’arriver sur Youtube et dans cette sphère d’Internet qui nous pousse toujours plus loin, elle ne s’était jamais préoccupée de son poids. Enfant et ado, elle ne pensait pas à sa silhouette, et en arrivant sur Youtube, ce défouloir de haine l’a poussée à s’interroger sur son image et à tout remettre en question. Si elle avait vécu dans un pays où les femmes sont considérées magnifiques avec leurs formes, Marie ne serait jamais tombée dans cette spirale des TCA. Mais à notre époque, elle est tombée dedans.

Après, il y a bien sûr une différence entre faire attention à son alimentation tout en faisant du sport par plaisir ou pour se sentir bien dans son corps, et devenir obsédé par son alimentation et se mettre à faire du sport pour maigrir absolument… Chose qui ne dure jamais bien longtemps car on le fait pour de mauvaises raisons.

Je vous mets ici en garde contre cette haine de soi que l’on développe sans même la voir venir… Contre ces diktats de la beauté et de la minceur qui nous sapent le moral, qui nous font culpabiliser et nous rendent moroses.

Je sais que c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, et je ne jette pas la pierre à qui que ce soit car je suis la première à être très sévère envers moi-même, mais je pense qu’il faut se détacher au maximum de tout cela et penser avant tout à être en bonne santé et vivre sa vie sans se culpabiliser. Arrêter de se comparer et essayer davantage de se regarder dans les yeux de ceux qui nous aiment, sans jugement, sans arrières pensées… Je sais que c’est difficile et j’espère que la société changera pour nous aider à nous aimer davantage… Mais pour l’instant, nous devons faire avec et donc parvenir à nous accepter autant que possible, sans être parasités par ces images de corps pseudo « parfaits »…

Les cheveux et la nourriture

Pendant la période où je mangeais moins ou très léger, mes cheveux ont perdu de leur beauté. Je les perdais davantage, ils étaient plus ternes, moins volumineux, cassants… Nous avons besoin des nutriments apportés par la nourriture, par le bon gras et les vitamines qui nous sont nécessaires pour vivre et avoir une belle peau, de beaux ongles et de beaux cheveux. En nous sous-alimentant, en étant focalisés sur une alimentation trop légère ou trop pauvre, nous affaiblissons notre corps.

Je ne vous apprendrai probablement pas que beaucoup d’anorexiques perdent leurs cheveux en privant leur corps de ce dont il a besoin pour fonctionner normalement. Les cheveux se dévitalisent complètement et deviennent extrêmement fins et cassants. Elles/ils mettent des années (quand elles/ils arrivent à s’en sortir) pour récupérer une belle qualité de cheveux.

Je vous parle des cheveux puisque mon blog traite principalement de cela, mais évidemment, les TCA ont d’autres répercussions sur tout le corps, pas uniquement sur les cheveux… Je fais juste cet aparté pour expliquer que tout cela n’est pas sans conséquences… et également vous rappeler que priver vos cheveux de certains aliments pour maigrir ne leur fera pas de bien, au contraire… Nos cheveux ne seront jamais plus beaux qu’en étant les mieux nourris et les mieux hydratés possible, c’est un fait ! Maintenant, on ne choisit pas d’être malade. Mais prendre conscience de ce danger est important, je pense, pour se protéger au maximum d’un risque potentiel.

Je ne suis ni médecin ni spécialiste de la question, et j’ai malheureusement tendance à penser que si l’on doit tomber dans l’anorexie, on tombera dedans quoiqu’il arrive. Cela peut sembler très fataliste mais c’est une réalité : les gens qui sont atteints de TCA graves ne l’ont pas choisi. Ils sont malades, et la maladie n’est pas un choix, ça se saurait…

Prendre du recul

Je voudrais juste vous dire de faire attention à vous, tout simplement. De ne pas hésiter à parler de ce que vous ressentez si vous sentez que vous perdez le contrôle, que l’idée même de manger vous angoisse ou que vous devenez obsédé par la nourriture. De vous confier à un médecin, car en parler à l’entourage n’est pas forcément salvateur : certaines personnes vont vous donner -sans le faire exprès- tout un tas de conseils qui au final, ne vous aideront pas forcément autant qu’un professionnel pourrait le faire.

Je pense qu’il est important, pour ne pas tomber dans la détestation de soi, de relativiser tout ce que l’on voit et se dire que tout cela est artificiel, de se concentrer sur nos qualités plutôt que de chercher nos défauts, de chercher à faire du bien à notre corps que ce soit par de bons aliments qui lui font du bien que par le biais d’une activité physique quelle qu’elle soit (ou pas, si on n’aime pas ça !). Rien ne nous oblige à faire ceci ou cela, rien ne nous oblige à être une version de nous-même qui ne nous ressemble pas…

Je pense qu’il est juste important de prendre soin de soi et d’essayer (je dis bien essayer) de prendre du recul sur toutes ces images de corps dont la publicité nous bombarde sans cesse. Les choses avancent, les « vrais » corps s’imposent de plus en plus même si le chemin est encore long. Nous sommes tous différents, certaines personnes trouveront réellement leur bonheur dans une vie saine et sportive, d’autres n’y arriveront pas et ne doivent pas pour autant culpabiliser pour ça.

Il y aurait encore tant à dire, mais je pense que vous aurez compris mon message. La société dans laquelle nous vivons est, à mon sens, dangereuse pour tout le monde, surtout pour les jeunes filles qui dès le plus jeune âge commencent désormais à s’interroger sur leur poids -comme cela a été le cas pour Marie-, en se disant qu’elles sont « trop grosses », quels que soient leur taille ou leur poids, cette quête de perfection les obsède dès qu’elles sont en âge de percevoir leur corps dans la société… Si vous avez des enfants, surveillez cela car comme je le disais, l’engrenage n’est jamais loin et le comportement alimentaire d’un enfant/ado en dit parfois long sur ce qu’il ressent.

Voilà, je vais m’arrêter là car je pourrais continuer des heures, mais je ne vais pas vous pondre un roman nous plus. 😉

Je voulais juste vous faire part de ce que je pense de tout cela car la vidéo de Marie m’a fait beaucoup de peine. Tant de souffrance à cause d’une société qui nous oppresse… C’est un triste constat. Ne laissons pas les diktats nous détruire… ♥

Je vous embrasse fort, prenez soin de vous, au sens propre du terme. 🙂

 

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4 Comments
  • Nathalie
    septembre 27, 2017

    Un article qui fait réfléchir, c’est le genre de lecture qu’il faut parfois pour se réveiller. J’essaye de faire attention à mon poids, rester à l’actuel pour ne pas me retrouver à nouveau en surpoids, mais bien souvent, je m’en fiche sachant que les publicités et cie nous montrent une image fausse de la beauté : rien n’est réel, tout est photoshopé alors leurs critères de beauté, je m’en contrefiche.
    Bisous ma Lau’ 😊

  • Cathy
    septembre 27, 2017

    Effectivement, nous sommes tous, hommes et femmes, sous une pression inhumaine pour correspondre à des idéaux. Pourtant un corps par définition ça évolue avec la vie..
    Je souffre beaucoup de tout ça au quotidien, on m’a reproché dès la petite enfance d’être trop petite et trop grosse et mise au régime très tôt. Entre ça et la polyallergie, anorexie… Puis ma maladie neurologique a éclaté et les médicaments m’ont fait prendre beaucoup de poids, les médecins disent de maigrir mais sans dire comment…
    Alors oui c’est dur de voir ces personnes en meilleure santé, plus belles, plus grandes, plus minces, en couple, avec des enfants, tout ce que je n’ai pas, donc quand c’est trop douloureux je quitte les réseaux sociaux, il faut savoir se protéger.
    Quand j’étais maquilleuse, j’ai vu des filles si jeunes, si minces, si belles mais pétries de complexes et d’anxiété. Des mecs beaux à tomber flipper parce qu’ils n’étaient pas assez musclés du mollet. Bref, nous sommes tous en train de passer à côté de l’essentiel, lavie, et elle est trop courte pour la passer à se mater le nombril.

  • Chloé
    septembre 28, 2017

    Merci pour cet article.
    La vidéo de Marie m’a beaucoup émue aussi. Tout ce par quoi elle est passée et continue de passer est sidérant.
    J’ai moi même eu une période où, comme toi, je suis devenue plus fragile. J’ai commencé à sauter des repas, à contrôler abusivement le contenu de mon assiette. Heureusement pour moi, ça m’est passé et n’est jamais allé plus loin.
    La société actuelle nous pousse à nous détester pour nous faire acheter toujours plus. Même des mouvements comme le healthy lifestyle ou le body positive, positifs à la base, sont détournés pour susciter de l’insatisfaction et inciter toujours plus à l’achat.
    Cette société est terrible, et le développement des réseaux sociaux accentue encore cette tendance avec la tyrannie du paraître qu’elle entraîne.
    Personnellement, je m’efforce aujourd’hui d’être en paix avec moi même et de ne plus considérer mon corps comme mon ennemi mais plutôt comme un partenaire dont je dois prendre soin pour que l’on puisse aller le plus loin possible ensemble. Je suis très attentive aux personnalités que je suis sur les réseaux sociaux, et j’ai cessé de lire la presse dite féminine dont le fond de commerce est la création de complexes.

    Et surtout, je suis attentive aux propos que je peux tenir envers les autres, et j’évite soigneusement toute critique sur le poids ou le physique des personnes.

  • deborahow
    octobre 13, 2017

    J’étais certaine que tu analyserais cette vidéo et effectivement, quelle tristesse. Il faut vraiment manquer cruellement d’empathie pour ne pas être touchée ! :/ !

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